Par Henri Goursau100 célébrités
des Hautes-Pyrénées
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100 célébrités des Hautes-Pyrénées
Il y a 3 noms dans ce répertoire commençant par la lettre V.
VAUCLAIR Sylvie (1946-XXXX)
Astrophysicienne, Bigourdane d'adoption
Sylvie VAUCLAIR, née le 7 mars 1946 à Saint Germain en Laye est astrophysicienne à l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie et professeur émérite à l'Université Paul Sabatier de Toulouse, où elle a enseigné pendant plus de 30 ans après avoir enseigné une dizaine d'années à l'Université Paris 7. Elle est membre honoraire de l'Institut universitaire de France, membre de l'Académie de l’air et de l’espace et de l'Academia Europaea. Après deux thèses sous la direction d’Hubert Reeves puis d’Evry Schatzman, ses travaux scientifiques ont d’abord porté sur la formation et l'évolution des éléments chimiques qui composent la matière dans l'Univers : Soleil, Étoiles, Univers primordial. Elle a particulièrement étudié l'importance de la diffusion sélective des atomes dans les conditions stellaires et ses conséquences pour leur structure et leur évolution. Elle a montré les répercussions de ces processus sur l'évolution de la matière dans l'univers depuis le Big-Bang. Un colloque international a été organisé en son honneur en 2013, sur le sujet des interactions entre les phénomènes microscopiques (atomiques) et macroscopiques (hydrodynamiques) intervenant dans les étoiles. C’est un sujet auquel elle a beaucoup contribué au cours de sa carrière, dans le but de mieux comprendre la structure et l’évolution des étoiles. Depuis quelques années, cette spécialiste du Soleil s’intéresse particulièrement à l’astérosismologie, c’est-à-dire aux vibrations des étoiles, ainsi qu’aux systèmes planétaires extra-solaires (exoplanètes). Musicienne diplômée du professorat, elle s'intéresse aux relations entre la philosophie, l'art et la science et participe à de nombreuses manifestations transdisciplinaires. Elle participe souvent à des débats de société. Sa carrière est jalonnée d’ouvrages à destination du grand public, alliant souvent la science et la musique. Elle a notamment écrit et publié « La Symphonie des étoiles (1997) », « La chanson du Soleil (2002) », « La Naissance des éléments (2006) », "La Terre, l’espace et au-delà (2009)", et avec Claude-Samuel Lévine, « La Nouvelle musique des sphères (2013) », « Dialogues avec l’Univers (2015) », « De l’origine de l’Univers à l’origine de la Vie: Une virgule dans l'espace-temps (2017) », aux Éditions Odile Jacob, « Le soleil ne se cachera pas pour mourir (2017) » avec Jean-Pierre Alaux, chez Privat, autant de livres qui ont été récompensés par plusieurs prix. Elle est Chevalier de la Légion d’honneur, Officier dans l'Ordre national du Mérite et Officier des Palmes académiques. Élue 1ère femme de Midi-Pyrénées « Version Femina » en 2003. Elle anime de nombreux cours et conférences de tous niveaux, souvent à destination d’un très large public. Ses actions et ouvrages ont été couronnés par l'Alpha d'Or de l'Espace (1998), le Prix du Cercle d'Oc (1999), le Prix du Livre Scientifique d’Orsay (2002), le Prix de L’Académie d’Occitanie (2007), le Grand Prix des Amis de la Cité de l’Espace (2009), le Grand Prix du Livre Scientifique des Gourmets de Lettres (Académie des Jeux Floraux) (2015). Elle intervient souvent dans les médias et tient actuellement une chronique astrophysique hebdomadaire sur radio présence. Depuis quelques années, le petit village de Gaillagos, dans les Hautes-Pyrénées, accueille « Festi’Val d’Azun, de la Terre aux Étoiles », une manifestation d'envergure, où l'on parle astronomie et climat, avec des pointures du monde scientifique. Ce festival est le fruit de la rencontre entre deux scientifiques résidant partiellement dans ce village pyrénéen. Le climatologue Hervé Le Treut, directeur de l'Institut Pierre-Simon-Laplace à Guyancourt, professeur à l'École polytechnique et à l'École normale supérieure (ENS), membre de l'Académie des sciences et l'astrophysicienne Sylvie Vauclair, qui ont tous deux un pied-à-terre à Gaillagos. On leur doit ce rendez-vous atypique du mois d’août. En 2019, Jean-Jacques Favier, l’astronaute scientifique français envoyé dans l'espace en 1996, en fut l’invité de marque de la conférence donnée sur le thème : « S'installer sur la lune, un demi-siècle après Apollo ».
Sylvie VAUCLAIR, née le 7 mars 1946 à Saint Germain en Laye est astrophysicienne à l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie et professeur émérite à l'Université Paul Sabatier de Toulouse, où elle a enseigné pendant plus de 30 ans après avoir enseigné une dizaine d'années à l'Université Paris 7. Elle est membre honoraire de l'Institut universitaire de France, membre de l'Académie de l’air et de l’espace et de l'Academia Europaea. Après deux thèses sous la direction d’Hubert Reeves puis d’Evry Schatzman, ses travaux scientifiques ont d’abord porté sur la formation et l'évolution des éléments chimiques qui composent la matière dans l'Univers : Soleil, Étoiles, Univers primordial. Elle a particulièrement étudié l'importance de la diffusion sélective des atomes dans les conditions stellaires et ses conséquences pour leur structure et leur évolution. Elle a montré les répercussions de ces processus sur l'évolution de la matière dans l'univers depuis le Big-Bang. Un colloque international a été organisé en son honneur en 2013, sur le sujet des interactions entre les phénomènes microscopiques (atomiques) et macroscopiques (hydrodynamiques) intervenant dans les étoiles. C’est un sujet auquel elle a beaucoup contribué au cours de sa carrière, dans le but de mieux comprendre la structure et l’évolution des étoiles. Depuis quelques années, cette spécialiste du Soleil s’intéresse particulièrement à l’astérosismologie, c’est-à-dire aux vibrations des étoiles, ainsi qu’aux systèmes planétaires extra-solaires (exoplanètes). Musicienne diplômée du professorat, elle s'intéresse aux relations entre la philosophie, l'art et la science et participe à de nombreuses manifestations transdisciplinaires. Elle participe souvent à des débats de société. Sa carrière est jalonnée d’ouvrages à destination du grand public, alliant souvent la science et la musique. Elle a notamment écrit et publié « La Symphonie des étoiles (1997) », « La chanson du Soleil (2002) », « La Naissance des éléments (2006) », "La Terre, l’espace et au-delà (2009)", et avec Claude-Samuel Lévine, « La Nouvelle musique des sphères (2013) », « Dialogues avec l’Univers (2015) », « De l’origine de l’Univers à l’origine de la Vie: Une virgule dans l'espace-temps (2017) », aux Éditions Odile Jacob, « Le soleil ne se cachera pas pour mourir (2017) » avec Jean-Pierre Alaux, chez Privat, autant de livres qui ont été récompensés par plusieurs prix. Elle est Chevalier de la Légion d’honneur, Officier dans l'Ordre national du Mérite et Officier des Palmes académiques. Élue 1ère femme de Midi-Pyrénées « Version Femina » en 2003. Elle anime de nombreux cours et conférences de tous niveaux, souvent à destination d’un très large public. Ses actions et ouvrages ont été couronnés par l'Alpha d'Or de l'Espace (1998), le Prix du Cercle d'Oc (1999), le Prix du Livre Scientifique d’Orsay (2002), le Prix de L’Académie d’Occitanie (2007), le Grand Prix des Amis de la Cité de l’Espace (2009), le Grand Prix du Livre Scientifique des Gourmets de Lettres (Académie des Jeux Floraux) (2015). Elle intervient souvent dans les médias et tient actuellement une chronique astrophysique hebdomadaire sur radio présence. Depuis quelques années, le petit village de Gaillagos, dans les Hautes-Pyrénées, accueille « Festi’Val d’Azun, de la Terre aux Étoiles », une manifestation d'envergure, où l'on parle astronomie et climat, avec des pointures du monde scientifique. Ce festival est le fruit de la rencontre entre deux scientifiques résidant partiellement dans ce village pyrénéen. Le climatologue Hervé Le Treut, directeur de l'Institut Pierre-Simon-Laplace à Guyancourt, professeur à l'École polytechnique et à l'École normale supérieure (ENS), membre de l'Académie des sciences et l'astrophysicienne Sylvie Vauclair, qui ont tous deux un pied-à-terre à Gaillagos. On leur doit ce rendez-vous atypique du mois d’août. En 2019, Jean-Jacques Favier, l’astronaute scientifique français envoyé dans l'espace en 1996, en fut l’invité de marque de la conférence donnée sur le thème : « S'installer sur la lune, un demi-siècle après Apollo ».VERGEZ Pascal (1910-1944)
Bienheureux martyr de l’apostolat catholique
Pascal VERGEZ, fils de Jules Vergez (1877-1941) et de Marie-Anne Cazajous (1883-1971), naît le 27 mars 1910, le dimanche de Pâques, dans la maison familiale Dounletz à Aucun, dans le Val d’Azun, et meurt à Zöschen le 12 décembre 1944, à l’âge de 34 ans. Martyr de l’apostolat catholique, il a été béatifié le 13 décembre 2025 en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Baptisé le 3 avril 1910 par le curé doyen de la paroisse Jean-Baptiste Gézat (1845-1930), il grandit, entouré des siens, aux côtés de sa sœur. Sa mère, Marie, lui apprend très tôt à prier. Enfant pieux, il aime se rendre dans l’église du village pour se recueillir aux pieds de la statue de la Vierge Marie. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, il participe avec la paroisse d’Aucun à un pèlerinage à Lourdes. Comme les enfants de la vallée, il reçoit le sacrement de la confirmation le 19 mai 1921, dans l’église Saint-André de Luz-Saint-Sauveur. Il grandit ainsi, à l’image de nombreux enfants de son époque, dans une vallée pyrénéenne profondément marquée par la foi. Lorsqu’il évoque sa vocation avec ses parents, un témoignage rapporte sa réponse à son père, qui y était peu favorable : « Ce n’est pas un métier, mais une vocation ; je me sens capable d’aider les autres, et puis Dieu sera toujours près de moi, comme vous l’êtes aussi. » Cet appel, ressenti lors de sa confirmation, s’affirme peu à peu. Il entre alors au petit séminaire de Saint-Pé-de-Bigorre (1922-1929), puis poursuit sa formation au grand séminaire de Tarbes. Il est ordonné prêtre le 2 juillet 1935 par Mgr Pierre-Marie Gerlier (1880-1965), dans la basilique Notre-Dame du Rosaire à Lourdes, en même temps que cinq autres prêtres du diocèse. Lors de sa première messe à l’église Saint-Félix d’Aucun, il aurait dit en recevant une soutane offerte par les paroissiens : « ces habits, croyez-vous, mes amis que je sois digne de les porter ? Mais la Vierge m’en est témoin, prêtre, je le suis ; prêtre, je le serai jusqu’à ma mort. » Dès 1934, remarqué pour ses qualités humaines, le supérieur du grand séminaire l’avait envoyé comme surveillant au petit séminaire de Saint-Pé-de-Bigorre. Après son ordination, il y revient comme professeur de français et de latin. Le dimanche et durant les vacances, il prêche dans les paroisses et se rend volontiers à Lourdes. Les archives livrent toutefois peu d’informations sur cette période de son ministère. Mobilisé en 1939 dans les Chasseurs Pyrénéens, l’abbé Pascal Vergez est fait prisonnier en juin 1940 et envoyé en Allemagne, au Stalag IV B à Mühlberg-sur-Elbe en Saxe, avant d’être affecté à différents Kommandos (corvées), à Halle puis à Schkopau, à une trentaine de kilomètres de Leipzig. Il y travaille dans le laboratoire d’une usine chimique de caoutchouc synthétique, tout en exerçant la charge d’aumônier du camp. Il répond ainsi à l’appel de Monseigneur Rodhain, qui invitait les prêtres prisonniers à se mettre au service des jeunes captifs français, afin de leur apporter un soutien moral et spirituel. Il trouve un appui auprès de l’abbé Westkamm, doyen de Merseburg, où il peut, pendant un temps, célébrer la messe. Il consacre de nombreuses heures à confesser, notamment à l’approche de Noël 1943. Par son rayonnement, il suscite des conversions, dont deux baptêmes. Il soutient l’Action catholique, en particulier un groupe d’étudiants, parmi lesquels plusieurs scouts, dans la chambre desquels il célèbre clandestinement la messe lorsque cela ne lui est plus possible en public. Il encourage également la création d’une équipe de visiteurs de malades à l’hôpital. Le 12 septembre 1944, l’abbé Vergez est arrêté par la Gestapo à Merseburg alors qu’il célèbre la messe sans autorisation dans une baraque du camp. Il est conduit au Polizei Praesidium de Halle, où l’inspecteur Schade lui signifie qu’il a été arrêté pour avoir dit la messe sans autorisation et pour avoir fait de la propagande religieuse. Surveillé depuis quelque temps pour ses activités religieuses, après cet interrogatoire, il est violemment maltraité, humilié, probablement torturé puis conduit en prison avant d’être transféré dans le camp disciplinaire de Spergau et le camp de rééducation par le travail, véritable camp d’extermination, de Zöschen. Déjà affaibli par la détention, il subit les conditions éprouvantes du camp : travail exténuant, froid et manque de nourriture. Malgré son état de faiblesse, il faisait le maximum pour porter témoignage de sa foi aux malades de son bloc. Mais il tombe rapidement malade et meurt le 12 décembre 1944. Jusqu’à sa dernière heure, il est resté témoin de Jésus- Christ. À ce jour, sa tombe n’a pas été retrouvée avec certitude. On sait toutefois qu’il a été inhumé à Zöschen, en Allemagne, où se trouve aujourd’hui un mémorial portant les noms de 500 disparus. La mémoire familiale rapporte qu’un peu de terre provenant de sa sépulture avait été envoyé à sa famille. Les recherches se poursuivent donc afin de localiser précisément le lieu de son inhumation. L’abbé Pascal VERGEZ est mort en martyr, en raison de sa foi, dans une période troublée de l’Histoire. Prêtre diocésain, il a exercé son ministère avec humilité, d’abord dans son diocèse de Tarbes et Lourdes comme enseignant et pasteur, puis comme aumônier dans les camps, fidèle à son engagement. Il demeure un exemple d’homme et de prêtre ayant donné sa vie pour le Christ, jusqu’à la mort. L’Église le reconnaît comme martyr en haine de la foi pour avoir donné ainsi sa vie à cause de son ministère sacerdotal en période de persécution. Une messe de béatification, réunissant 49 autres martyrs de l’apostolat morts en haine de la foi sous le régime nazi, présidée par le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg, s’est tenue le 13 décembre 2025 à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le samedi 25 avril à Aucun, une journée a été consacrée au bienheureux Pascal Vergez. Une prière pour les vocations, sur la tombe du bienheureux Pascal Vergez, martyr de la barbarie nazie, au cimetière d’Argelès-Gazost : chapelet médité avec Mgr Jean-Marc Micas et les prêtres du diocèse, une conférence par Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes, à la salle des fêtes d’Aucun, une messe présidée par Mgr Jean-Marc Micas, concélébrée par Mgr Jacques Perrier et Mgr Jean-Christophe Lagleize, évêque émérite de Metz, le père Daubagnes, recteur du Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, ainsi que nombre de curés desservants, et chantée par la chorale diocésaine, en l’église Saint-Félix d’Aucun et l’inauguration d’une plaque mémorielle. Le nom du martyr ‘Pascal Vergez’devrait être donné à une rue du village d’Aucun. Un vibrant hommage rendu au père Pascal Vergez, bienheureux fils du pays, et un moment exceptionnel, comme a tenu à le préciser Arnaud Lalanne, professeur à l'université de Bordeaux, docteur en histoire de la philosophie.
Pascal VERGEZ, fils de Jules Vergez (1877-1941) et de Marie-Anne Cazajous (1883-1971), naît le 27 mars 1910, le dimanche de Pâques, dans la maison familiale Dounletz à Aucun, dans le Val d’Azun, et meurt à Zöschen le 12 décembre 1944, à l’âge de 34 ans. Martyr de l’apostolat catholique, il a été béatifié le 13 décembre 2025 en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Baptisé le 3 avril 1910 par le curé doyen de la paroisse Jean-Baptiste Gézat (1845-1930), il grandit, entouré des siens, aux côtés de sa sœur. Sa mère, Marie, lui apprend très tôt à prier. Enfant pieux, il aime se rendre dans l’église du village pour se recueillir aux pieds de la statue de la Vierge Marie. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, il participe avec la paroisse d’Aucun à un pèlerinage à Lourdes. Comme les enfants de la vallée, il reçoit le sacrement de la confirmation le 19 mai 1921, dans l’église Saint-André de Luz-Saint-Sauveur. Il grandit ainsi, à l’image de nombreux enfants de son époque, dans une vallée pyrénéenne profondément marquée par la foi. Lorsqu’il évoque sa vocation avec ses parents, un témoignage rapporte sa réponse à son père, qui y était peu favorable : « Ce n’est pas un métier, mais une vocation ; je me sens capable d’aider les autres, et puis Dieu sera toujours près de moi, comme vous l’êtes aussi. » Cet appel, ressenti lors de sa confirmation, s’affirme peu à peu. Il entre alors au petit séminaire de Saint-Pé-de-Bigorre (1922-1929), puis poursuit sa formation au grand séminaire de Tarbes. Il est ordonné prêtre le 2 juillet 1935 par Mgr Pierre-Marie Gerlier (1880-1965), dans la basilique Notre-Dame du Rosaire à Lourdes, en même temps que cinq autres prêtres du diocèse. Lors de sa première messe à l’église Saint-Félix d’Aucun, il aurait dit en recevant une soutane offerte par les paroissiens : « ces habits, croyez-vous, mes amis que je sois digne de les porter ? Mais la Vierge m’en est témoin, prêtre, je le suis ; prêtre, je le serai jusqu’à ma mort. » Dès 1934, remarqué pour ses qualités humaines, le supérieur du grand séminaire l’avait envoyé comme surveillant au petit séminaire de Saint-Pé-de-Bigorre. Après son ordination, il y revient comme professeur de français et de latin. Le dimanche et durant les vacances, il prêche dans les paroisses et se rend volontiers à Lourdes. Les archives livrent toutefois peu d’informations sur cette période de son ministère. Mobilisé en 1939 dans les Chasseurs Pyrénéens, l’abbé Pascal Vergez est fait prisonnier en juin 1940 et envoyé en Allemagne, au Stalag IV B à Mühlberg-sur-Elbe en Saxe, avant d’être affecté à différents Kommandos (corvées), à Halle puis à Schkopau, à une trentaine de kilomètres de Leipzig. Il y travaille dans le laboratoire d’une usine chimique de caoutchouc synthétique, tout en exerçant la charge d’aumônier du camp. Il répond ainsi à l’appel de Monseigneur Rodhain, qui invitait les prêtres prisonniers à se mettre au service des jeunes captifs français, afin de leur apporter un soutien moral et spirituel. Il trouve un appui auprès de l’abbé Westkamm, doyen de Merseburg, où il peut, pendant un temps, célébrer la messe. Il consacre de nombreuses heures à confesser, notamment à l’approche de Noël 1943. Par son rayonnement, il suscite des conversions, dont deux baptêmes. Il soutient l’Action catholique, en particulier un groupe d’étudiants, parmi lesquels plusieurs scouts, dans la chambre desquels il célèbre clandestinement la messe lorsque cela ne lui est plus possible en public. Il encourage également la création d’une équipe de visiteurs de malades à l’hôpital. Le 12 septembre 1944, l’abbé Vergez est arrêté par la Gestapo à Merseburg alors qu’il célèbre la messe sans autorisation dans une baraque du camp. Il est conduit au Polizei Praesidium de Halle, où l’inspecteur Schade lui signifie qu’il a été arrêté pour avoir dit la messe sans autorisation et pour avoir fait de la propagande religieuse. Surveillé depuis quelque temps pour ses activités religieuses, après cet interrogatoire, il est violemment maltraité, humilié, probablement torturé puis conduit en prison avant d’être transféré dans le camp disciplinaire de Spergau et le camp de rééducation par le travail, véritable camp d’extermination, de Zöschen. Déjà affaibli par la détention, il subit les conditions éprouvantes du camp : travail exténuant, froid et manque de nourriture. Malgré son état de faiblesse, il faisait le maximum pour porter témoignage de sa foi aux malades de son bloc. Mais il tombe rapidement malade et meurt le 12 décembre 1944. Jusqu’à sa dernière heure, il est resté témoin de Jésus- Christ. À ce jour, sa tombe n’a pas été retrouvée avec certitude. On sait toutefois qu’il a été inhumé à Zöschen, en Allemagne, où se trouve aujourd’hui un mémorial portant les noms de 500 disparus. La mémoire familiale rapporte qu’un peu de terre provenant de sa sépulture avait été envoyé à sa famille. Les recherches se poursuivent donc afin de localiser précisément le lieu de son inhumation. L’abbé Pascal VERGEZ est mort en martyr, en raison de sa foi, dans une période troublée de l’Histoire. Prêtre diocésain, il a exercé son ministère avec humilité, d’abord dans son diocèse de Tarbes et Lourdes comme enseignant et pasteur, puis comme aumônier dans les camps, fidèle à son engagement. Il demeure un exemple d’homme et de prêtre ayant donné sa vie pour le Christ, jusqu’à la mort. L’Église le reconnaît comme martyr en haine de la foi pour avoir donné ainsi sa vie à cause de son ministère sacerdotal en période de persécution. Une messe de béatification, réunissant 49 autres martyrs de l’apostolat morts en haine de la foi sous le régime nazi, présidée par le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg, s’est tenue le 13 décembre 2025 à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le samedi 25 avril à Aucun, une journée a été consacrée au bienheureux Pascal Vergez. Une prière pour les vocations, sur la tombe du bienheureux Pascal Vergez, martyr de la barbarie nazie, au cimetière d’Argelès-Gazost : chapelet médité avec Mgr Jean-Marc Micas et les prêtres du diocèse, une conférence par Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes, à la salle des fêtes d’Aucun, une messe présidée par Mgr Jean-Marc Micas, concélébrée par Mgr Jacques Perrier et Mgr Jean-Christophe Lagleize, évêque émérite de Metz, le père Daubagnes, recteur du Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, ainsi que nombre de curés desservants, et chantée par la chorale diocésaine, en l’église Saint-Félix d’Aucun et l’inauguration d’une plaque mémorielle. Le nom du martyr ‘Pascal Vergez’devrait être donné à une rue du village d’Aucun. Un vibrant hommage rendu au père Pascal Vergez, bienheureux fils du pays, et un moment exceptionnel, comme a tenu à le préciser Arnaud Lalanne, professeur à l'université de Bordeaux, docteur en histoire de la philosophie.VIGNOLE François (1914-1992)
Prodige du ski dès ses 11ans et plus grand skieur pyrénéen des années 1930
François VIGNOLE, né le 8 juillet 1914 à Lau-Balagnas près d’Argelès-Gazost et mort le 1er avril 1992 à Lannemezan, se révèlera dans les années 1930 comme un des meilleurs skieurs alpins français. Il est un des pionniers du ski pyrénéen, mais il est également connu pour sa participation à la résistance et au sauvetage en montagne, ce qui lui valut la Légion d'honneur décernée le 28 janvier 1970 au titre de 3 ministères : ministère de l'Intérieur pour le secours en montagne, ministère des Armées pour ses actes de résistance, et ministère de la Jeunesse et des Sports pour ses résultats sportifs. Il a également entraîné la championne de ski Isabelle Mir, et est à l'origine de la station de ski de Saint-Lary-Soulan, dont il sera le premier directeur technique. Les parents du jeune garçon vivent dans une ferme au-dessus de Barèges, sur la route du col du Tourmalet. Et tous les jours François doit livrer un bidon de lait au village pour quelques pièces. Les hivers fortement enneigés à cette altitude, il n’est pas facile pour François de descendre à Barèges. Mais qu'à cela ne tienne. Équipé d’une vieille paire de skis en bois, l’un plus long que l’autre et de galoches fixées avec des lanières en cuir, il dévale les pentes, enchaînant des figures, et en veillant à ne pas renverser le bidon de lait. En 1925, son instituteur et instructeur à Barèges, Urbain Cazaux, qui deviendra le futur maire et créateur de la station de Barèges, qui a repéré le prodige, l’inscrit au championnat des Pyrénées à Cauterets. N’ayant pas l’argent du billet de bus et de tramway pour s’y rendre, le garçon part seul en ski à 2 heures du matin depuis la ferme familiale. Arrivé à Cauterets au petit matin, il obtient sa première victoire en ski de fond au Pont d’Espagne sans avoir mangé. L’après-midi, il remporte les épreuves de saut et de slalom. Puis il repart en sens inverse dans la soirée et regagne la ferme Vignole à 4 heures du matin, 20 heures après en être parti. Il avait à peine 11 ans ! Très polyvalent François Vignole développe son style dans les 4 disciplines du ski : fond, descente, slalom et saut. Son premier succès national est le championnat de France Cadets-Juniors de 1929 lors du Concours international de slalom à Superbagnères. À l’époque, on connaît surtout le fond, le grand fond et le saut. Le slalom s’imposera ensuite comme l’épreuve reine où on se grise de vitesse. François le casse-cou y excelle. Le jeune Barégeois, âgé de 15 ans, remporte le titre de champion de France dans la catégorie Cadets-Juniors. Il y rencontre d’autres jeunes surdoués de sa génération : Robert Villecampe, les frères René et Maurice Lafforgue. Par la suite, il deviendra un des skieurs les plus prometteurs de sa génération. En février1931, à Villard-de-Lans, François, Robert, René et Maurice, les quatre juniors pyrénéens raflent les quatre premières places. Le 12 février 1934, Chamonix organise sa première course internationale de descente. Autrichiens et Suisses prennent les quatre premières places, la cinquième à l’arrivée est pour François Vignole, chaussé d’une très rustique paire de skis en bois de frêne, fabriquée par un artisan menuisier de Luz-Saint-Sauveur, un certain Palasset. Sa carrière internationale progresse rapidement jusqu’en 1935. Élu meilleur skieur international, en 1935 le skieur de Barèges remporte à Chamonix le titre de champion de France international en slalom et en combiné descente et il termine troisième en descente, au nez et à la barbe des Alpins. Le champion de France 1935 arrache lors de la saison 1934/1935 une médaille de bronze en slalom hommes aux Mondiaux de Mürrens en Suisse. La seule de sa carrière. Fort de ses succès, François Vignole est pressenti pour représenter la France aux Jeux olympiques de février 1936 à Garmish-Partenkirchen, en Allemagne nazie, aux côtés de l’Alpin Émile Allais. À 21 ans, il doit renoncer la mort dans l’âme. Après une nuit glaciale passée en montagne, sa jambe droite s’est infectée. Une blessure mal soignée et c’est la paralysie et le début de la poliomyélite. Diminué par la maladie, il mettra un terme à sa carrière internationale. En raison de la guerre, les prochains Jeux olympiques ne reprendront qu’en 1948. Malgré des séquelles à la jambe droite, il continue sa carrière nationale de 1942 jusqu'en 1949, mais plus jamais il n’atteindra son meilleur niveau. Émile Allais dira d'ailleurs de lui qu'il aurait sûrement été un grand champion s’il n’avait pas été amoindri. Un exemple de longévité sportive malgré les coups du sort. En 1939, les séquelles de sa poliomyélite l'empêchent d'être mobilisé dans l’armée. Toutefois, pendant la guerre et l'occupation, il s'engage dans le réseau d’évasion Édouard, animé par Gaston Hêches (Thomas). Et, à partir de l'occupation de la zone libre en 1942, François, au péril de sa vie, fait passer régulièrement le courrier et des aviateurs anglais ou américains en Espagne, assurant la liberté de femmes et d’hommes fuyant Vichy et le nazisme. Sur l'ensemble de la filière du réseau Édouard, il gère la dernière étape, celle du passage de la frontière par la montagne, les plus hauts sommets et cols, dont il a une parfaite connaissance. Sur un parcours de 60 km avec un fort dénivelé, ce serait près de 500 exilés qu’il aurait guidés et confiés à son frère Marc qui prenait la relève dans la vallée de Piñeta. Grand champion de ski, François est aussi, l’un des plus grands chasseurs d’isards de son époque, un nemrod. Pris en flagrant délit de braconnage par un douanier, en haute vallée d’Aure, il est reconnu. Jetant à terre les deux isards tués, il détale à toutes jambes et traverse de nuit le massif du Néouvielle à pied et rejoint son domicile à Barèges. Au petit matin, les gendarmes goguenards, venus constater son absence, sont accueillis par Madame Vignole ; « François, lève-toi vite, ces messieurs veulent te voir… ». Les Barégeois interrogés certifient avoir vu ce jour-là Vignole jouer à la belote au bistrot du village. À Saint-Lary, on honore le style Vignole et depuis 2022, une piste rouge un brin technique porte son nom. Nom emblématique qui remporta l’unanimité tant pour honorer ses qualités de skieur, son implication à la station de St Lary, que son courage de résistant pendant le dernier conflit mondial. Une plaque rappelle la vie de ce pionnier du ski français qui fut actif aussi lors de la création de la station. À Saint-Lary-Soulan, François Vignole fut chargé de la formation technique d’une toute jeune skieuse, Isabelle Mir. Comme entraîneur, il fut déterminant dans la carrière de la championne olympique de descente. Elle fera une carrière exceptionnelle : 9 victoires en Coupe du monde et médaille d’argent aux Jeux olympiques d’hiver de Grenoble en 1968. Très douée, elle entrera au sein de l’équipe de France. Elle dira de lui : "C’était une libellule sur la neige. Les deux pieds serrés, un véritable oiseau. Il avait une idée fixe en tête, la vitesse… ». François Vignole aura participé à plus de 200 sauvetages en montagne, et assumé la responsabilité des secours en montagne pour les vallées d'Aure et du Louron. Cette activité, débutée dès 1937 a été une excellente couverture pendant la guerre. Dans les années 1930, les skieurs pyrénéens auront fait jeu égal avec leurs homologues alpins. François Vignole, l'homme aux semelles de vent, avait lui un style skis aux pieds inimitable. « Bras levés comme des ailes grandes ouvertes, il passait, il fonçait, il demeurait le plus ahurissant de tous » a écrit Marcellin Bérot, auteur d’une histoire du ski dans les Pyrénées. François Vignole est décédé à Lannemezan le 1er avril 1992 à l’âge de 77 ans.
François VIGNOLE, né le 8 juillet 1914 à Lau-Balagnas près d’Argelès-Gazost et mort le 1er avril 1992 à Lannemezan, se révèlera dans les années 1930 comme un des meilleurs skieurs alpins français. Il est un des pionniers du ski pyrénéen, mais il est également connu pour sa participation à la résistance et au sauvetage en montagne, ce qui lui valut la Légion d'honneur décernée le 28 janvier 1970 au titre de 3 ministères : ministère de l'Intérieur pour le secours en montagne, ministère des Armées pour ses actes de résistance, et ministère de la Jeunesse et des Sports pour ses résultats sportifs. Il a également entraîné la championne de ski Isabelle Mir, et est à l'origine de la station de ski de Saint-Lary-Soulan, dont il sera le premier directeur technique. Les parents du jeune garçon vivent dans une ferme au-dessus de Barèges, sur la route du col du Tourmalet. Et tous les jours François doit livrer un bidon de lait au village pour quelques pièces. Les hivers fortement enneigés à cette altitude, il n’est pas facile pour François de descendre à Barèges. Mais qu'à cela ne tienne. Équipé d’une vieille paire de skis en bois, l’un plus long que l’autre et de galoches fixées avec des lanières en cuir, il dévale les pentes, enchaînant des figures, et en veillant à ne pas renverser le bidon de lait. En 1925, son instituteur et instructeur à Barèges, Urbain Cazaux, qui deviendra le futur maire et créateur de la station de Barèges, qui a repéré le prodige, l’inscrit au championnat des Pyrénées à Cauterets. N’ayant pas l’argent du billet de bus et de tramway pour s’y rendre, le garçon part seul en ski à 2 heures du matin depuis la ferme familiale. Arrivé à Cauterets au petit matin, il obtient sa première victoire en ski de fond au Pont d’Espagne sans avoir mangé. L’après-midi, il remporte les épreuves de saut et de slalom. Puis il repart en sens inverse dans la soirée et regagne la ferme Vignole à 4 heures du matin, 20 heures après en être parti. Il avait à peine 11 ans ! Très polyvalent François Vignole développe son style dans les 4 disciplines du ski : fond, descente, slalom et saut. Son premier succès national est le championnat de France Cadets-Juniors de 1929 lors du Concours international de slalom à Superbagnères. À l’époque, on connaît surtout le fond, le grand fond et le saut. Le slalom s’imposera ensuite comme l’épreuve reine où on se grise de vitesse. François le casse-cou y excelle. Le jeune Barégeois, âgé de 15 ans, remporte le titre de champion de France dans la catégorie Cadets-Juniors. Il y rencontre d’autres jeunes surdoués de sa génération : Robert Villecampe, les frères René et Maurice Lafforgue. Par la suite, il deviendra un des skieurs les plus prometteurs de sa génération. En février1931, à Villard-de-Lans, François, Robert, René et Maurice, les quatre juniors pyrénéens raflent les quatre premières places. Le 12 février 1934, Chamonix organise sa première course internationale de descente. Autrichiens et Suisses prennent les quatre premières places, la cinquième à l’arrivée est pour François Vignole, chaussé d’une très rustique paire de skis en bois de frêne, fabriquée par un artisan menuisier de Luz-Saint-Sauveur, un certain Palasset. Sa carrière internationale progresse rapidement jusqu’en 1935. Élu meilleur skieur international, en 1935 le skieur de Barèges remporte à Chamonix le titre de champion de France international en slalom et en combiné descente et il termine troisième en descente, au nez et à la barbe des Alpins. Le champion de France 1935 arrache lors de la saison 1934/1935 une médaille de bronze en slalom hommes aux Mondiaux de Mürrens en Suisse. La seule de sa carrière. Fort de ses succès, François Vignole est pressenti pour représenter la France aux Jeux olympiques de février 1936 à Garmish-Partenkirchen, en Allemagne nazie, aux côtés de l’Alpin Émile Allais. À 21 ans, il doit renoncer la mort dans l’âme. Après une nuit glaciale passée en montagne, sa jambe droite s’est infectée. Une blessure mal soignée et c’est la paralysie et le début de la poliomyélite. Diminué par la maladie, il mettra un terme à sa carrière internationale. En raison de la guerre, les prochains Jeux olympiques ne reprendront qu’en 1948. Malgré des séquelles à la jambe droite, il continue sa carrière nationale de 1942 jusqu'en 1949, mais plus jamais il n’atteindra son meilleur niveau. Émile Allais dira d'ailleurs de lui qu'il aurait sûrement été un grand champion s’il n’avait pas été amoindri. Un exemple de longévité sportive malgré les coups du sort. En 1939, les séquelles de sa poliomyélite l'empêchent d'être mobilisé dans l’armée. Toutefois, pendant la guerre et l'occupation, il s'engage dans le réseau d’évasion Édouard, animé par Gaston Hêches (Thomas). Et, à partir de l'occupation de la zone libre en 1942, François, au péril de sa vie, fait passer régulièrement le courrier et des aviateurs anglais ou américains en Espagne, assurant la liberté de femmes et d’hommes fuyant Vichy et le nazisme. Sur l'ensemble de la filière du réseau Édouard, il gère la dernière étape, celle du passage de la frontière par la montagne, les plus hauts sommets et cols, dont il a une parfaite connaissance. Sur un parcours de 60 km avec un fort dénivelé, ce serait près de 500 exilés qu’il aurait guidés et confiés à son frère Marc qui prenait la relève dans la vallée de Piñeta. Grand champion de ski, François est aussi, l’un des plus grands chasseurs d’isards de son époque, un nemrod. Pris en flagrant délit de braconnage par un douanier, en haute vallée d’Aure, il est reconnu. Jetant à terre les deux isards tués, il détale à toutes jambes et traverse de nuit le massif du Néouvielle à pied et rejoint son domicile à Barèges. Au petit matin, les gendarmes goguenards, venus constater son absence, sont accueillis par Madame Vignole ; « François, lève-toi vite, ces messieurs veulent te voir… ». Les Barégeois interrogés certifient avoir vu ce jour-là Vignole jouer à la belote au bistrot du village. À Saint-Lary, on honore le style Vignole et depuis 2022, une piste rouge un brin technique porte son nom. Nom emblématique qui remporta l’unanimité tant pour honorer ses qualités de skieur, son implication à la station de St Lary, que son courage de résistant pendant le dernier conflit mondial. Une plaque rappelle la vie de ce pionnier du ski français qui fut actif aussi lors de la création de la station. À Saint-Lary-Soulan, François Vignole fut chargé de la formation technique d’une toute jeune skieuse, Isabelle Mir. Comme entraîneur, il fut déterminant dans la carrière de la championne olympique de descente. Elle fera une carrière exceptionnelle : 9 victoires en Coupe du monde et médaille d’argent aux Jeux olympiques d’hiver de Grenoble en 1968. Très douée, elle entrera au sein de l’équipe de France. Elle dira de lui : "C’était une libellule sur la neige. Les deux pieds serrés, un véritable oiseau. Il avait une idée fixe en tête, la vitesse… ». François Vignole aura participé à plus de 200 sauvetages en montagne, et assumé la responsabilité des secours en montagne pour les vallées d'Aure et du Louron. Cette activité, débutée dès 1937 a été une excellente couverture pendant la guerre. Dans les années 1930, les skieurs pyrénéens auront fait jeu égal avec leurs homologues alpins. François Vignole, l'homme aux semelles de vent, avait lui un style skis aux pieds inimitable. « Bras levés comme des ailes grandes ouvertes, il passait, il fonçait, il demeurait le plus ahurissant de tous » a écrit Marcellin Bérot, auteur d’une histoire du ski dans les Pyrénées. François Vignole est décédé à Lannemezan le 1er avril 1992 à l’âge de 77 ans.