90 célébrités
des Hautes-Pyrénées

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90 célébrités des Hautes-Pyrénées

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HORNER Yvette (1922-2018)
Accordéoniste, pianiste, compositrice et reine du musette

Yvette HORNER, de son vrai nom Yvette Hornère, née le 22 septembre 1922 à Tarbes et décédée le 11 juin 2018 à Courbevoie, à l'âge de 95 ans, est la plus célèbre accordéoniste de France. Fille d’un entrepreneur en bâtiment, elle étudie la musique au Conservatoire de Tarbes puis au Conservatoire de Toulouse et elle remporte son Premier Prix de piano à l’âge de 11 ans. Jeune pianiste surdouée elle est contrainte par sa mère de délaisser le piano au profit de l’accordéon. Après des débuts dans sa région natale, elle monte à Paris pour donner une nouvelle dimension à sa carrière naissante. Elle est l’élève de Robert Bréard. En 1948, elle remporte la Coupe du monde d’accordéon qui fait d’elle une vedette quasiment du jour au lendemain. Deux ans après son sacre mondial elle est lauréate du Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros en 1950, grâce à l’album "Le Jardin secret". En 1952, la société Calor, la marque de fers à repasser, qui sponsorise le Tour de France, lui propose de faire la grande boucle et ainsi d’aller à la rencontre du public en animant sur un podium les arrivées du Tour. Elle bénéficie du soutien et de l’attention indéfectibles de son mari René Droesch, ancien footballeur professionnel aux Girondins de Bordeaux rencontré en 1936, qui la conseille et la cajole. C’est avec son accord qu’elle commence à suivre la caravane du Tour de France à partir de 1952. Et elle devient extrêmement populaire en accompagnant la caravane publicitaire du Tour de France à onze reprises (de 1952 à 1963). Elle jouait sur tout le parcours, coiffée d’un sombrero et assise sur une chaise fixée sur le toit d’une Citroën Traction, aux couleurs de la marque Suze. Elle sera surnommée « Vévette, la femme aux doigts d’Or » dans l’Aubisque et le Tourmalet. Durant sa longue carrière de 70 ans de scène, elle donne plus de 2.000 concerts et réalise quelque 150 disques, dont les ventes ont atteint les 32 millions d’exemplaires. Elle a aussi joué à l’Opéra pour Béjart et de grandes œuvres classiques avec des orchestres symphoniques en Italie et en Angleterre. En 1989, elle participe avec éclat aux cérémonies du Bicentenaire de la Révolution Française, en se produisant avec l’Orchestre National de Jazz dirigé pour la circonstance par Quicy Jones. Et pour son spectacle au Casino de Paris en 1990, c’est Jean-Paul Gaultier qui conçoit ses tenues de scène des plus branchées. En 1995, sort l’album "Yvette Horner et les Cash" où elle joue du rap, du rock, et même du metal. En 1997, elle se produit avec Marcel Azzola et l’Orchestre Philharmonique Européen au Palais des Congrès à Paris et en 1998, c’est le chorégraphe Maurice Béjart qui l’invite pour sa version du ballet Casse-Noisette de Tchaïkovski. Ensuite, en 2001 elle se frotte au free jazz pour le Festival Sons d’Hiver. En 2005, elle publie ses mémoires intitulées "Le Biscuit dans la poche". Elle a également enregistré pour le chanteur anglais Boy George. Elle a collaboré avec de grands noms du classique, comme le pianiste Samson François, ou bien encore l’harmoniciste américain Charlie McCoy avec lequel elle a fait un album de country à Nashville. Elle aura su adapter l’accordéon à de nombreux styles de musique pour en faire l’un des plus beaux instruments. Ce qui lui plaît, c’est d’avoir ainsi mêlé divers styles musicaux. De la rumba camarguaise très festive avec Los Chicos aux chants traditionnels des Pyrénées avec Marcel Amont. Son album Double d’Or sort en 2007. En 2010, avec André Verchuren elle prend part à la tournée « la Plus Grande Guinguette du monde » en succédant à Michel Pruvot. En 2011, elle participe à l’album "Bichon" de Julien Doré et met une dernière touche à la re-sortie de son album Hors Normes - produit à compte d’auteur en 2007 - où figurent Richard Galliano, Didier Lockwood, Lio et Marcel Amont. La pochette est dessinée par Jean-Paul Gaultier, couturier l’ayant plusieurs fois habillée, dont en marinière. À 90 ans, elle sera de retour dans les bacs. Un nouvel album réalisé par Patrick Brugalières, intitulé "Yvette Hors Norme", est édité en mai 2012. « Je ne peux pas me passer de musique. Le soufflet de mon accordéon est comme un battement de mon cœur. J’ai passé ma vie à apprendre et je sais que j’apprendrai jusqu’à mon dernier souffle, en éternelle élève… La Musique, c’est le cœur qui bat. Que ce disque, qui m’est si cher, en soit le témoignage », confiera-t-elle à la sortie de cet opus. Toute sa vie, elle a fait preuve d’une détermination, d’une volonté à toute épreuve et à plus de 90 ans elle gardait encore une image intacte d’icône à la chevelure incandescente, devenue tellement « nationale » dans l’inconscient collectif français. Son parcours a été pour le moins exceptionnel ! Chaque année elle se faisait une joie de venir en vacances à Tarbes pour retrouver sa famille, ses amis et ses racines. Le 17 avril 2002, elle fut promue commandeur de l’Ordre national du Mérite. Nommée officier de l’Ordre national de la Légion d’honneur le 17 décembre 1996, elle est élevée au grade de Commandeur le 22 avril 2011 et décorée le 28 septembre. Elle est aussi citoyenne d’Honneur des villes de Tarbes, de Pau et de Nogent-sur-Marne où un square porte son nom. À Tarbes, le foyer du Théâtre des Nouveautés, réplique de celui de l'Opéra Garnier, porte le nom d’Yvette Horner, inauguré et baptisé le 1er octobre 2004. Les obsèques d'Yvette Horner, décédée le 11 juin 2018 à l'âge de 95 ans, ont eu lieu le 20 juin à la cathédrale Notre-Dame de La Sède à Tarbes, sa ville natale. Elle a été inhumée dans le caveau familial au cimetière Saint-Jean, auprès de son mari et de ses parents. Le mardi 19 juin une première cérémonie avait eu lieu en son honneur. Quelque 200 personnes avaient assisté à la messe qui s'est déroulée à l'église Saint-Roch de Paris, parmi lesquelles l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, le couturier Jean-Paul Gaultier, les chanteurs Nicoletta et Michel Orso, le biographe Fabien Lecoeuvre mais aussi Christian Prudhomme, directeur du Tour de France. « Elle n'était pas malade. Elle est morte des suites d'une vie bien remplie » a déclaré son agent Jean-Pierre Brun, qui s'est dit certain qu'elle allait désormais "faire valser les anges au grand bal dans les nuages".