90 célébrités
des Hautes-Pyrénées

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90 célébrités des Hautes-Pyrénées

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Il existe 2 noms dans ce répertoire qui commencent par la lettre P.
PONCET Tony (1918-1979)
Grand ténor de l'Opéra surnommé le « Bombardier basque »

Tony PONCET, né Antonio José Ponce Miròn le 23 décembre 1918 à Maria, près d'Almería en Espagne et mort le 13 novembre 1979 à Libourne, à l’âge de 60 ans. Le jeune Antonio José s'installe avec sa famille à Bagnères-de-Bigorre en 1922 et prend le nom d'Antoine Poncé. Scolarité médiocre, pauvreté qui l’oblige très tôt à divers travaux manuels. Dès l’âge de 15 ans, en 1933, il commence à chanter en amateur dans un chœur appelé « Les Chanteurs montagnards d'Alfred Roland » fondé en 1838. C’était un homme de petite taille 1m58 avec une carrure de rugbyman. À la déclaration de guerre, bien que non mobilisable puisque ressortissant espagnol, il s’engage volontairement dans la Légion étrangère. Grièvement blessé dans la Somme, en mai 1940 et fait prisonnier, il fera cinq ans de stalag en Bavière et deux tentatives d’évasion. Le chef de camp remarque sa voix et lui propose d’apprendre la musique au Mozarteum de Salzbourg. Il refuse : « Je fais partie d’un pays où les hommes sont fiers et chez moi, mon père s’il apprenait que j’ai chanté pour vous, je crois qu’il me donnerait un coup de fusil. Je l'aurais bien mérité. » Naturalisé français, celui qui est devenu Antoine Poncet entre au Conservatoire de Paris en 1947, où il étudie avec Fernand Francell et Louise Vullermos et où il côtoie Gabriel Bacquier, Michel Sénéchal, Michel Roux, Liliane Berton. Il fait des petits boulots de nuit pour vivre ou participe aux chœurs des spectacles d’André Dassary ou de Luis Mariano. Il fait ses débuts en concert à Lyon en 1953, puis chante à Avignon dans les rôles de Turridu dans Cavalleria rusticana et Canio dans Paillasse qui restera son rôle fétiche. À 36 ans, en 1954, il participe et gagne le premier prix à un concours de ténors à Cannes, ex-æquo avec Gustave Botiaux, Roger Gardes, Alain Vanzo et Guy Chauvet, obtenant une mention spéciale. La finale diffusée en direct à la radio, permet à Tony Poncet de se faire connaître de la France entière dans le redoutable Di quella pira. Puis il part en tournée aux États-Unis, au Mexique et au Canada. À son retour, il connait ses premiers grands succès en Belgique, notamment à Gand, Liège et Bruxelles. Il fait ses débuts à l'Opéra-Comique de Paris et au Palais Garnier, où on le voit dans le Chanteur Italien du Chevalier à la Rose ou le Rodolphe de La Bohème, et où il s'impose en 1958 dans les rôles de ténor héroïque tels Arnold dans Guillaume Tell, qu'il chanta près de 90 fois, Éléazar dans La Juive, Raoul dans Les Huguenots, Fernand dans La Favorite, Vasco de Gama dans L'Africaine, Don José dans Carmen, Jean dans Hérodiade. Il chante aussi le répertoire italien, Il trovatore, Aïda, Tosca, Cavalleria rusticana, et surtout Canio dans Pagliacci, qu'il chanta environ 200 fois et joua aussi pour la première chaîne de télévision française. On le vit également sur le petit écran, en 1960, dans Angélique de Jacques Ibert et dans la production De Béthune au chat noir en 1974, et au cinéma dans La Pendule à Salomon de Vicky Ivernel en 1961. Paris ne programmant plus guère ses rôles favoris, il claque la porte des théâtres nationaux et chantera désormais essentiellement en Province, en Belgique et en Afrique du Nord : c’est à Alger qu’il chante son premier Radamès en 1960. Il se produisit dans un très grand nombre de concerts et de récitals. Ses activités l'amenèrent à chanter dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis, où il fut invité à chanter Les Huguenots au Carnegie Hall en 1969, année où il se marie, aux côtés de Beverly Sills. On peut également noter qu'à l'occasion de ces spectacles, il enrichit son répertoire d'airs qui n'y figuraient pas auparavant, dont par exemple La Force du destin de Verdi, ainsi qu'en témoignent quelques enregistrements en direct datant de cette période. En 1971, sa santé, devenue précaire, le contraignit à abandonner progressivement le théâtre. Il fut très affecté d’avoir été écarté de l’Opéra de Paris par son nouveau directeur Rolf Liebermann. Sa dernière apparition à l'opéra eut lieu au Capitole à Toulouse en 1974, mais il continua néanmoins à se produire en concert, pratiquement jusqu'à la fin de ses jours. Il meurt d'un cancer à Libourne le 13 novembre 1979, à l'âge de 60 ans. Il repose à Saint-Aigulin, en Charente-Maritime, dans son costume d’Arnold. Un théâtre y porte son nom. Selon Alain Pâris, « sa voix puissante, aux aigus ahurissants, préfère aux nuances les éclats de la vaillance. » En reconnaissance de son attitude héroïque pendant la Seconde Guerre mondiale, comme ancien combattant français, prisonnier de guerre, ce patriote a reçu de nombreuses distinctions militaires : la croix de guerre, la médaille militaire, la croix du combattant de l'Europe, la croix du combattant volontaire, la médaille des engagés volontaires, la médaille des blessés de guerre, la médaille commémorative de la guerre 39/45 ainsi que la Presidential Medal of Freedom américaine. Il était aussi, à titre artistique, chevalier de la Légion d'honneur et des Arts et Lettres. Une stèle et une promenade en bord de fleuve commémorent sa mémoire dans la ville de Bagnères-de-Bigorre, où il passa son adolescence. En 2009, pour la commémoration des 30 ans de la disparition de l'artiste, une exposition est organisée dans la ville de Vauvert et une biographie est éditée. Sa fille, Mathilde Poncé, qui n’avait que dix ans au décès de son père, a publié en décembre 2009, à cette occasion, aux Editions L’Harmattan : « Tony Poncet, Ténor de l'Opéra, une Voix, un destin ». À chaque date anniversaire, est organisée à Saint-Aigulin, village charentais où repose le ténor, une évocation réalisée à partir de documents audiovisuels. Sans complexe, Tony Poncet se comparait aux plus grands, du passé et du présent, considérant avec fierté qu’il avait « deux notes d’aigu de plus » que chacun d’entre eux, y compris Caruso. Il mettait un point d’honneur à interpréter tous les ouvrages dans la tessiture originale, faisant remarquer qu’aucun ténor que l’on classe parmi les plus grands, Mario del Monaco, Giuseppe Di Stefano, Franco Corelli, ne chante dans le ton. Il rêvait de rencontrer les dix meilleurs ténors italiens et de les prendre un par un. Alors on verra bien celui qui chante et ceux qui vocalisent. Il ajoutait qu’il n’y avait eu que trois ténors en France : « Vezzani, Luccioni et…Poncet. » S’il était parfois d’une franchise peu diplomatique, il n’écrasait jamais ses partenaires. Les auditeurs étaient sensibles à cette sincérité et succombaient au charme d’une voix naturelle, à l’émission saine, qui s’était mesurée aux grondements du Gave et aux espaces des cirques pyrénéens. Triomphes, ovations, débordements d’enthousiasme ont accompagné tout au long de sa carrière un ténor qui ne manquait pas de caractère et possédait une voix capable de se mesurer avec les plus grands. De son enfance, entre gaves et sommets, Tony Poncet conserva un accent rocailleux, une rugosité dans le ton qui lui faisait dire : « Je parle comme coulent les torrents des Pyrénées où j'ai grandi ».

PRAT Jean (1923-2005)
Joueur de rugby à XV et première grande figure du rugby français, surnommé "Monsieur Rugby !"

Jean PRAT, alias « Monsieur Rugby », né le 1er août 1923 à Lourdes et mort le 25 février 2005 à Tarbes, à l’âge de 81 ans. Grand joueur de rugby à XV, de 1m76 pour 84 kg, évoluant au poste de troisième ligne aile et ayant joué à chaque poste des lignes arrières, il fut sans doute la première grande figure du rugby à XV français. Doté d’un exceptionnel coup de botte, les Britanniques le surnommèrent « Mister Rugby », à l’issue du match qui vit le 28 février 1951, l’équipe de France battre pour la première fois l’équipe d’Angleterre à Twickenham (11-3). Les Anglais le surnommèrent ainsi pour son sens du commandement et surtout ses qualités de meneur d’hommes. De 1945 à 1955, il fut sélectionné cinquante et une fois (30 victoires, l nul, 20 défaites) en équipe de France (dont seize fois comme capitaine). En 1952, il devient le recordman du nombre de sélections en équipe de France. Comme capitaine, il fut le premier en France à remporter le Tournoi des Cinq Nations à deux reprises, en 1954 (avec Galles et Angleterre) et en 1955 (avec Galles). Capitaine du XV de France, il participe aussi à la victoire contre les All Blacks à Colombes le 27 février 1954, en marquant l’unique essai à trois points (3-0). Il a inscrit 139 points pour le XV de France : 9 essais, 26 transformations, 15 pénalités, 5 drops. Avec son club, le FC Lourdes, dont il était le capitaine et où évoluait aussi son frère Maurice, il fut six fois champion de France (1948, 1952, 1953, 1956, 1957, 1958), trois fois finaliste du championnat de France (1945, 1946, 1955), finaliste de la coupe de France en 1948, deux fois vainqueur de la coupe de France (1950, 1951) et trois fois vainqueur du challenge Yves du Manoir (1953, 1954, 1956). Très exigeant avec lui-même, il s’astreignait à un entraînement physique quotidien, ce qui était loin d’être courant à l’époque. Il acheva sa carrière internationale en 1955, porté en triomphe sur les épaules de ses vainqueurs gallois. Il mit fin à sa carrière de joueur en 1959 pour devenir entraîneur du club de Lourdes, puis le premier sélectionneur-entraîneur officiel du XV de France de 1963 à 1967. C’est ainsi sous sa direction, que le XV de France partit en tournée en Afrique du Sud en 1964, battant les Springboks chez eux à Springs (8-6). À mettre aussi à son actif, le Tournoi des Cinq nations 1967 remporté par la France. En 1967, suite à l’élection de l’équipe Ferrasse-Batigne-Basquet à la tête de la FFR, il fut aussi le premier à se faire virer, étant l’ennemi juré de Guy Basquet depuis qu’ils avaient cohabité en équipe de France au début des années 50. Il reçut la Légion d’honneur en 1959 et fut promu officier en 1990. Quelque temps avant sa mort, il préfaçait encore l’ouvrage « 100 ans de rugby Bleu » de Richard Escot, journaliste à L’Équipe magazine (éd. Solar). En 1928, son père Joseph Prat, cultivateur, avait cédé un terrain personnel au FC Lourdais, sur lequel fut construit l’actuel stade du club. Depuis 2005, le "Trophée Jean-Prat" est désormais attribué au club champion de France de Fédérale 1, premier des clubs à accéder chaque année en Pro D2. Décédé en 2005, il laisse le souvenir d’une star de l’ovalie du XXème siècle.