90 célébrités
des Hautes-Pyrénées

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90 célébrités des Hautes-Pyrénées

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RAMOND DE CARBONNIÈRES Louis (1755-1827)
Baron de l’Empire, homme politique, géologue et botaniste, le père du pyrénéisme

Louis Ramond de Carbonnières, né le 4 janvier 1755 à Strasbourg d’un père Languedocien et d’une mère Allemande et mort à Paris le 14 mai 1827, à l’âge de 72 ans. Il fait des études d’avocat et reçoit une instruction littéraire, scientifique, technique et polyglotte. Il est connu comme l’un des premiers à avoir exploré les hauts sommets des Pyrénées et est considéré comme le fondateur du Pyrénéisme. Il a aussi laissé son nom dans la botanique avec quelques plantes qu’il a nommées et surtout la Ramondia pyrenaica, petite fleur endémique et rare. Devenu en 1781 conseiller privé et secrétaire du prince de Rohan, cardinal-évêque de Strasbourg, il se trouve mêlé malgré lui à la célèbre affaire du collier de la reine Marie-Antoinette, et suit en 1786 son maître en exil en Auvergne. Il découvre les Pyrénées en juillet 1787, en accompagnant le cardinal aux thermes de Barèges. Le cardinal y est soigné par le docteur militaire Borgella, inspecteur des eaux thermales de Barèges. Afin de mieux connaître la formation géologique de cette montagne, il fait là ses premières excursions, explorant ce massif, examinant les roches et la flore et s’émerveille devant la beauté des paysages. Il va parcourir les montagnes les plus élevées de Gavarnie à la Maladeta pour évaluer l’état des glaciers, et noter des observations très précieuses de botanique, géologie, minéralogie, nivologie. Il gravit le Pic du Midi de Bigorre pour la première fois le 2 août 1787, puis va à Gavarnie. De retour à Paris en 1788 il fit paraître en 1789, à la veille de la Révolution, ses premières « Observations faites en Pyrénées », un ouvrage salué comme « l’acte de naissance des Pyrénées », selon Henri Beraldi, un autre grand historien du Pyrénéisme. Pour se perfectionner en histoire naturelle, il suit alors les cours de Bernard de Jussieu et René Desfontaines au Jardin du roi. En 1791, il est élu député de Paris à l’Assemblée législative. Se sentant menacé par les Jacobins, en raison de son engagement politique et des troubles de la Révolution, défenseur de la Monarchie constitutionnelle, en 1792 sous la Terreur il s’enfuit de Paris avec sa sœur Rosalie et se réfugie à Barèges jusqu’en 1795, où il multiplie les observations géologiques et les herborisations, répertorie des espèces et constitue un herbier. Il rédige alors ses « Carnets » qui sont d’une certaine façon l’un des premiers guides de découverte de la montagne pyrénéenne. Il correspond avec divers botanistes réputés de l’époque dont Jean Thore et Dominique Villars. Finalement, le 15 janvier 1794, accusé d’être un ennemi de la Révolution, il est arrêté et emprisonné à Tarbes pendant 7 mois qu’il mettra à profit pour écrire quelques mémoires et rapports. Il échappe de peu à la guillotine. Pendant son incarcération, sa sœur Rosalie se marie avec le docteur Borgella. À sa libération, Ramond suit le couple dans ses domiciles successifs de Barèges, Saint-Savin et Bagnères. Entre 1795 et 1805, il habite dans la maison du docteur Borgella à Bagnères-de-Bigorre. À partir de 1796, il se rend quotidiennement à Tarbes à cheval, où il est professeur d’histoire naturelle à l’École centrale. Il occupe ce poste jusqu’à la fermeture de l’école en 1800, année où il est élu membre du Corps législatif et où il revient à Paris. En janvier 1802, il fut élu membre de l’Académie des sciences de Paris. Travaillant principalement comme minéralogiste, il monte plusieurs expéditions d’ascension du Mont Perdu (3355m), considéré alors comme le « toit » de la chaîne pyrénéenne, qu’il réussit à atteindre en août 1802, à sa troisième tentative qu’il relate dans le Journal de Mines. Ascension qui le fit devenir célèbre. En 1801, il avait fait le récit de l’ascension dans « Voyages au Mont-Perdu et dans la partie adjacente des Hautes-Pyrénées ». L’expédition qui comprenait une quinzaine de personnes, dont Picot de Lapeyrouse et plusieurs de ses élèves, trouva de nombreux fossiles, mais n’atteignit pas le sommet. Il épousa Bonne-Olympe en 1805, la veuve du général Louis-Nicolas Chérin et la fille de son ami Bon-Joseph Dacier. Ami de Napoléon 1er, il fut nommé préfet du Puy-de-Dôme en 1806 jusqu’en 1814, ce qui l’éloigna un peu des Pyrénées et baron de l’Empire en 1809. Il effectuera sa trente-cinquième ascension du Pic du Midi en 1810, depuis Barèges son lieu de villégiature. Il y a récolté des plantes sur ses flancs, rassemblé des échantillons de roches, pris des mesures barométriques à son sommet. Les récits de ses ascensions au Pic du Midi sont regroupés dans un manuscrit : « Pic du Midi : mes voyages ». En 1815, il fut élu député du Puy-de-Dôme sous l’Empire. En 1818, il fut nommé au Conseil d’État et ne quitta plus la capitale que pour se rendre en Auvergne. Il prendra sa retraite politique en 1822. En 1826, il communiqua à l'Académie des sciences un mémoire « Sur l’état de la végétation au sommet du Pic du Midi : Observations météorologiques ». Passionné de botanique, il recensa plus de huit cent espèces. Son herbier, déposé par la Société Ramond au Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées à Bagnères-de-Bigorre, constitue aujourd’hui une collection patrimoniale, historique et scientifique de premier ordre, qui a été entièrement numérisée et mise en ligne. Parmi les quelque 70 plantes qui ont été décrites et nommées par Louis Ramond de Carbonnières, très peu d’espèces sont encore acceptées par la nomenclature botanique internationale actuelle. Le botaniste français Louis Claude Marie Richard a créé en juin 1805 le genre Ramonda, en l’honneur de Louis Ramond de Carbonnières. On recense officiellement aujourd’hui trois espèces de cette superbe plante, dont Ramonda myconi, petite fleur vivace endémique des Pyrénées. Le 19 août 1864, Henry Russell, Franz Schrader, Émilien Frossard, Maxwell-Lyte et Charles Packe fondèrent la société Ramond, qui existe toujours, en hommage au grand homme des Pyrénées. En 1872, Schrader associe son nom avec un sommet non encore répertorié du massif du Mont Perdu : le Soum de Ramond (3254 m). Son nom est donné également à un sommet du massif du Néouvielle, le Pic Ramougn (3011 m). Ramond est enterré au cimetière de Montmartre.

RUSSEL Henry (1834-1909)
Aristocrate, 26e baron de Killough, aventurier et écrivain, fondateur du pyrénéisme surnommé le «fou» du Vignemale

Le comte Henry Russell, né en 1834 à Toulouse et mort à Biarritz le 5 février 1909, à l’âge de 75 ans est considéré comme l’apôtre du pyrénéisme. Fils d’aristocrate, mi-Irlandais par son père issu d’une vieille et riche famille irlandaise et mi-Gascon par sa mère, comtesse de Flamarens dans le Gers. Il découvre les Pyrénées lorsque sa famille s’installe à Pau et Bagnères-de-Bigorre. Et c’est sa mère qui le met pour la première fois en contact avec la montagne au cours de petites randonnées. Il arpente la chaîne pendant plus de 50 ans, y faisant la plupart des « premières » sur les pics de plus de 3000 mètres. Une rencontre va sceller son destin. De famille catholique, il s’éprend à Biarritz d’une jeune anglaise prénommée Maud, fille d’un pasteur anglican. Passion partagée, mais les deux familles refusent cette union entre deux religions inconciliables à l’époque. Henry va puiser dans ce chagrin d’amour le carburant de son désir d’absolu. Il épousera donc les Pyrénées ! Des années durant, le jeune comte parcourt ces montagnes féminines en une marche triomphante. Cette âme romantique choisit le plus haut sommet des Pyrénées françaises, dans les Hautes-Pyrénées, pour annoncer ses noces : le Vignemale (3298m), qu’il gravira 33 fois. « Elle sera mon épouse ! » proclame-t-il alors. Etablir une liaison amoureuse avec un tas de rochers aussi élevé soit-il, voilà une idée bien iconoclaste. À l’âge de 23 ans, il entreprend son premier voyage lointain, qui le conduit jusqu’en Amérique du nord. De retour à Pau, il se lance à la conquête des Pyrénées. L’été 1858, il se trouve à Barèges et découvre véritablement la montagne : il ascensionne le Néouvielle, l’Ardiden et trois fois le Mont Perdu, dont une fois seul à partir de Luz-Saint-Sauveur. En août 1858, à Gavarnie, il manque de mourir de froid, de faim et de fatigue : perdu dans la tempête sur les gradins du cirque, il erre une nuit durant au bord des précipices. Ayant l’âme d’un voyageur au long cours, en 1859, il s’engage dans la marine, et part pour son second voyage lointain qui durera trois ans. Il parcourt 65000 km. Il se rend à Saint-Pétersbourg, Moscou, Irkoutsk, Pékin. Il traverse deux fois le désert de Gobi, descend le fleuve Amour en Asie orientale. Par la voie maritime il rallie Shanghai, Hong Kong, Macao, Canton, Melbourne, Wellington, Ceylan, Calcutta. Il passe une année en Inde et reprend le chemin de l’Europe par Le Caire et Constantinople. Il vit ainsi de ses rentes, en bon explorateur et dandy qui se respecte. Deux périples lointains qui lui fournirent la matière de deux ouvrages devenus des incontournables de la littérature de voyage : « Notes par voies et chemins à travers le Nouveau Monde » (1858) et surtout « 16.000 lieues à travers l’Asie et l’Océanie » (1864), primé par la Société de Géographie. On dit que Jules Verne s’inspira des récits de ses voyages pour imaginer le personnage de Michel Strogoff ou même celui de Phileas Fogg dans « Le Tour du monde en 80 jours » (1872). Mais ne supportant plus cette discipline trop stricte à bord de navires, le voilà de retour dans les Pyrénées en 1861. Dès lors, il consacrera le reste de sa vie et sa fortune personnelle à l’exploration des Pyrénées. Seul, ou avec ses guides il effectue d’innombrables ascensions, réalisant une trentaine de premières, parfois en plein hiver. Il vit d’une belle fortune personnelle et des rentes de ses placements bancaires. Durant l’hiver il se plie aux contraintes de la vie mondaine dans les salons et réceptions de la haute bourgeoisie paloise, mais dès les premiers jours de l’été, il repart vers les sommets. Son destin est lié au Vignemale où il monte pour la première fois le 14 septembre 1861 avec le guide Laurent Passet. Le 19 août 1864, à l’Hôtel des Voyageurs de Gavarnie, il fonde avec Farnham Maxwell-Lyte, Charles Packe et Émilien Frossard, en hommage à Carbonnières, la première société de montagnards : la Société Ramond sur le modèle de l’Alpine Club, créé à Londres en 1857, auquel Russel et Packe appartiennent déjà. Le premier président d’honneur de la Société Ramond fut un autre pionnier du pyrénéisme, Vincent de Chausenque, ancien capitaine du Génie et auteur de : « Les Pyrénées ou voyages pédestres dans toutes les régions de ces montagnes depuis l’Océan jusqu’à la Méditerranée », publié en 1834. Sept ans plus tard en 1868, il monte au Vignemale pour la seconde fois avec Hippolyte Passet. Pour sa troisième ascension, il effectue la première hivernale le 11 février 1869 avec Hippolyte et Henri Passet. C’est la première grande ascension hivernale effectuée en Europe. Henry Russell veut passer des nuits en montagne et invente le sac de couchage en peaux d’agneaux cousues. Le 26 août 1880, il passe une nuit à la belle étoile au sommet de la Pique Longue. Mais rattrapé par le froid et souhaitant se fixer sur le Vignemale et en faire sa résidence d’été il envisage alors l’emménagement de grottes, car selon lui, tout autre construction défigurerait l’aspect sauvage de la montagne. Il fait creuser et aménager à ses frais sept grottes dans une roche extrêmement dure, à différentes altitudes, en raison des caprices du glacier d’Ossoue, afin de prendre ses quartiers d’été au-dessus de 3000 mètres d’altitude et de recevoir dignement ses amis de passage. Le travail s’étale de 1881 à 1893. Il fait creuser sa première grotte sur les flancs du Cerbillona, près du col de Cerbillona, en haut du glacier d’Ossoue, par l’entrepreneur Étienne Theil, de Gèdre, qui a déjà bâti l’abri du Mont Perdu. Le 1 août 1882 la première grotte percée à l’aide de barres à mine et d’explosifs est inaugurée ; c’est la villa Russell, située à 3195m d’altitude au col de Cerbillona (3 m de long, 2,5 m de large et 2 m de haut). Russell habite sa grotte pendant trois jours. Le 12 août 1884, il la fait bénir ainsi que le massif du Vignemale par le curé de Gèdre et le Père Pascal Carrère. Trois messes sont célébrées devant une assistance d’une trentaine de personnes. La grotte est progressivement équipée et aménagée, jusqu’à recevoir un poêle. Gravir la Pique Longue ne prend désormais qu’une dizaine de minutes, monter au Clot de la Hount et revenir ne prend pas plus de 25 minutes. En 1885, il fait creuser la seconde grotte ; celle des Guides à un niveau légèrement supérieur à celui de la Villa Russell, puis en 1886 la troisième et la plus haute ; celle des Dames, son plus grand succès, dira-t-il. Les dames de la bonne société cosmopolite qui, comme les guides, disposaient de leurs propres nids d’aigle, matelassés de paille et munis d’un poêle à charbon. Le 5 décembre 1888, il demande au préfet des Hautes-Pyrénées, de lui accorder la concession sur « sa » montagne du Vignemale (200 ha entre 2300 et 3300 mètres). Demande extravagante, mais elle est accordée. La location annuelle est fixée à 1 franc pour un bail emphytéotique de 99 ans, qui débute en janvier 1889 et s’acheva en 1989, quatre-vingt ans après sa mort. Il fera ériger au sommet du Vignemale une tour de pierres de trois mètres de haut pour lui faire dépasser symboliquement la barre des 3300 mètres. Certains étés, la croûte glaciaire recouvrant ses grottes aménagées, trois autres seront creusées 800 mètres plus bas en dessous du glacier et sur le sentier qui mène à la Hourquette d’Ossoue, à 2400 mètres : les grottes Bellevue creusées en 1888 et 1889. Et la légende veut qu’il y offre l’hospitalité et qu’on y organise des réceptions mondaines somptueuses et légendaires, recevant princes et rois, voyageurs et personnages illustres sur un tapis rouge, qu’il fait dérouler sur la neige. À la lueur des chandelles, dans un confort spartiate, on converse, on déguste vins fins et punch brûlant, on savoure la sole à la Dieppoise, on fume le cigare… Puis en 1892-93, avec la nostalgie de l’altitude, 18 mètres sous le dôme du Vignemale, à 3280 mètres, sa dernière grotte voit le jour : la grotte Paradis, offrant un point de vue magnifique sur le grand glacier d’Ossoue et les sommets alentour : Mont Perdu (3355m), ceux du Cirque de Gavarnie, le Balaïtous (3144m) … Chacune des sept grottes a une entrée maçonnée et est fermée par une porte en fer peinte au minium. Russel fait forger des clés avec ses initiales. Le voilà propriétaire du Vignemale : il en détient les clés. Il a voué sa vie à conquérir ces grands sommets, qu’il a inlassablement parcourus à grandes enjambées, du haut de sa haute silhouette dégingandée. Il montera pour la trente-troisième et dernière fois au sommet de son cher Grand Vignemale, à 3298 mètres au-dessus des mortels, le 8 août 1904 à l’âge de 70 ans. Au total, il y aura passé cent quarante-sept nuits en ermite et parfois avec ses invités de marque, artistes ou écrivains mondains, réchauffés par une profusion de tapis d’Orient dans un décor de colonnes de neige. Peu avant sa mort à Biarritz en 1909, il confiera les clés de ses grottes à un autre visiteur illustre, le poète et lauréat du prix Nobel de littérature (1960), Saint-John Perse. La grotte du Paradis sert toujours occasionnellement d’abri aux ascensionnistes. Une plaque en hommage à Russell, qui rappelle sa vie, son œuvre et son mythe y a été apposée. Cette légende vivante, cet ermite « qui avait épousé une montagne » et dont la vie est émaillée d’exploits, de premières, de réussites extraordinaires pour l’époque, repose au cimetière de Pau. Les grottes du comte Russel sont toujours visibles aujourd’hui, bien qu’en mauvais état. Quant au glacier d’Ossoue, il a considérablement reculé subissant de plein fouet les affres du changement climatique et des hivers moins neigeux. Il nous reste la légende du fantasque comte, tellement amoureux d’une montagne qu’il épousa corps et âme, faute de pouvoir vivre avec la femme de sa vie. Membre du Club alpin (CAF) de Bordeaux, il est le plus connu des pyrénéistes. Il a écrit ses mémoires, des récits de voyages et de nombreux ouvrages qui relatent ses ascensions et états d’âme dans « Souvenirs d’un montagnard », dont la première édition date de 1878. Cette somme de 730 pages relate par le menu plus d’une centaine d’ascensions pyrénéennes, dont de multiples premières, notamment celle du Petit Nethou (3205m), situé à l’extrémité Est du massif de la Maladeta, rebaptisé Pic Russell en son honneur. Considéré comme le fondateur du pyrénéisme, routard et écologiste avant l’heure, il est l’inventeur des refuges, même si sa vision élitiste lui fit rejeter les constructions en pierre, l’escalade sportive et l’ouverture de la montagne au grand public. Toutes ses ascensions avaient pour base de départ le village de Gavarnie et plus particulièrement le célèbre Hôtel des Voyageurs. Ce gentleman aventurier admiré, un brin excentrique, les yeux et l’esprit toujours tournés vers les sommets, nourri au sein romantique était reçu dans la bonne société paloise et biarrote, où on se bousculait pour l’entendre raconter les mille et une anecdotes qui avaient émaillé ses voyages et ses ascensions. Nous vous recommandons l’excellente biographie que nous livre son arrière-petite-nièce, Monique Dollin du Fresnel, dans un livre publié par les Éditions Sud Ouest, sous le titre « Henry Russel (1834-1909) – Une vie pour les Pyrénées » où elle y décrit avec amour cet oncle à la fois original et attachant, sauvage et mondain, romantique et précis, écrivain, poète, musicien, mélomane averti, mais surtout montagnard. Comme quoi, l’amour de la nature n’est pas incompatible avec celui de la culture, autre forme d’aventure. Plus modeste que l’ouvrage de Monique Dollin du Fresnel nous vous signalons aussi le livre de Marcel Pérès, né en 1943 à Ossun et ayant vécu à Argelès-Gazost, docteur ès lettres, ancien directeur de l’École nationale de ski et d’alpinisme à Chamonix (1979-1984) puis préfet hors cadre : « Henry Russel et ses grottes – Le fou du Vignemale », paru en 2009 chez PUG. Le 5 septembre 1911 fut inaugurée à l’entrée du village de Gavarnie, qui lui servait de « camp de base », une statue d’Henry Russel due au sculpteur Gaston Leroux. La Légion d’honneur lui avait été décernée en 1901.